Référentiel Bim for Value ou B4V : pourquoi les architectes refusent la certification ?

Le plan BIM 2022 ambitionne de marquer une évolution majeure dans les métiers du bâtiment. Le déploiement de la maquette numérique s’effectue par étape, avec la création de référentiels. Parmi eux, le Bim for Value ou B4V qui concerne tous les maîtres d’ouvrage. Or, il est contesté par plusieurs professionnels dont les architectes et géomètres. Découvrez ce que propose la filière construction avec l’élaboration du référentiel Bim for Value, et les raisons de l’opposition.

L’objectif du référentiel Bim for Value 

Le référentiel Bim for Value, appelé aussi B4V, a été présenté le 2 avril 2019 par les membres de la filière construction. Pendant un an, ils ont travaillé à son élaboration. En outre, il s’agit d’un outil open source regroupant une trentaine de cas d’usage d’un bâtiment pendant toute sa durée de vie, de sa phase de programmation à son exploitation.

L’objectif principal de cet outil consiste à assurer la continuité de service dans l’utilisation de la maquette numérique. Il se destine à l’architecte, au dessinateur architecture, mais aussi à l’ensemble des maîtres d’ouvrage.

Ensuite, le référentiel Bim for Value définit des règles claires de collaboration ainsi que des livrables précis pour les différents acteurs. Cela permet de couvrir les pratiques de base et celles plus avancées. En théorie, les entreprises et freelance BIM peuvent trouver ce dont ils ont besoin. Et ce, quel que soit leur degré de maturité dans l’adoption de la maquette numérique.

Les avantages du B4V dans le bâtiment

D’abord, le référentiel Bim for Value a pour ambition de s’inscrire dans une démarche d’intérêt public. La mise en place du dispositif doit répondre aux enjeux actuels. Et permettre notamment aux entreprises et indépendants de répondre à un appel d’offre en BIM.

Puis, cette démarche collaborative BIM pourrait aussi posséder un avantage financier. En effet, le référentiel créerait des économies en termes de :

  • exploitation des bâtiments. Celle-ci s’effectuerait grâce à des interventions d’entretien et de maintenance plus rapides, et/ou plus pertinentes. Par conséquent, elles seraient également moins nombreuses ;
  • préfabrication d’éléments non standardisés, mais sur mesure ;
  • anticipation de l’étape de déconstruction.

Aujourd’hui, il reste à adopter le référentiel B4V à l’existant. Et en début d’été 2019, le projet entrera dans sa phase d’expérimentation. Au cours de cette étape, les acteurs de la filière construction peaufineront les réglages pendant  6 à 12 mois. Enfin, l’un des objectifs finaux est de porter le projet à l’international. Rien de similaire n’existe à l’étranger jusqu’à présent.

Pourquoi les architectes sont-ils contre ?

L’UNSFA (Union Nationale des syndicats français d’architectes), en accord avec les grandes organisations professionnelles représentant la filière maître d’ouvrage, les ingénieurs, les géomètres, les entreprises, les industriels… s’oppose à la mise en place d’une certification et labellisation BIM.

En outre, les architectes estiment que le référentiel Bim for Value se révèle contraire à la Charte Plan Bim 2022. A leurs yeux, il ne constitue pas un levier pour une montée en compétences massives des acteurs de la filière. L’hyper spécialisation exclurait également les petites et moyennes entreprises, l’architecte en freelance ainsi que les autres travailleurs indépendants du bâtiment. Le B4V servirait alors les grands groupes du BTP, laissant les petites sociétés et freelances se débattre avec l’augmentation du coût des opérations dues aux procédures.

Besoin d’un prestataire ?

Trouvez rapidement un prestataire pour réaliser les prestations dont vous avez besoin.

C’est gratuit et sans engagement !

Recevoir les articles de Projeteurs.com

Nous gardons vos données privées et ne les partageons qu’avec les tierces parties qui rendent ce service possible. En vous inscrivant vous acceptez de recevoir par email les derniers articles publiés une fois par semaine.